Regardez la carte du sud de la France. Vous voyez le soleil. Vous voyez les vignes. Vous voyez un fantôme linguistique.

Environ 1,5 million de personnes parlent aujourd’hui les dialectes de la langue occitane. Certaines estimations sont bien inférieures – un tiers de ce chiffre, peut-être moins. Le Livre rouge de l’UNESCO ne mâche pas ses mots. Il classe plusieurs de ces dialectes comme « sérieusement menacés ».

Ils sont toujours là. Mais ils s’accrochent.

Chaque locuteur utilise le français pour ses affaires officielles. Pour la culture. Pour le gouvernement. Mais à la maison ? Au marché ? Dans une conversation informelle ? L’occitan survit. C’est une langue romane. Un groupe de dialectes. Connecté mais distinct.

Pourquoi le nom est important

Le nom « occitan » est une invention moderne des linguistes. C’est chouette. Faire le ménage. Il est originaire de l’Occitanie, sur le modèle de l’Aquitaine. Cette zone est désormais en grande partie le Languedoc.

Au Moyen Âge, on ne l’appelait pas occitan. Ils l’appelaient langue d’oc.

Pourquoi? À cause du mot « oui ».

Le latin hoc est devenu oc.
Le latin hoc ille est devenu oïl (maintenant oui ).

Le nord parlait la langue d’oïl. Le sud parlait la langue d’oc. C’était une frontière politique tracée dans le vocabulaire.

Les habitants avaient leurs propres noms. Lemosí pour Limousin. Proensal pour la Provence. Mais c’était trop local. Ils ne couvraient pas toute la gamme. L’étiquette plus large est donc restée.

Pourtant, en Provence, le débat fait rage. Beaucoup appellent encore leur langue provençale. Ce n’est pas seulement un dialecte. C’est une identité littéraire. Une norme. Un mouvement.

L’héritage des troubadours

Le provençal n’était pas seulement une façon de dire oui. C’était le langage de la poésie. Du XIIe au XIVe siècle, il traversait la France et le nord de l’Espagne.

Les troubadours y chantaient.

La première trace écrite ? Refrain attaché à un poème latin. Daté du 10ème siècle. Fragile. Mais réel.

La poésie occitane était riche. Complexe. Jusqu’à ce que le Nord écrase le pouvoir politique du Sud. La Croisade des Albigeois. 1208 à 1229.

Mais le langage est têtu. Cela survit aux armées.

Le langage standard a tenu bon. Il n’a vraiment succombé au français qu’au XVIe siècle. Ce n’est qu’à la Révolution française de 1789 que le français commença à supplanter activement l’occitan. L’État exigeait l’uniformité. Les écoles l’ont imposé. La pression montait.

Une renaissance littéraire

Milieu du 19ème siècle. L’espoir revient.

Le mouvement Félibrige monte. Dirigé par Frédéric Mistral. Il a remporté le prix Nobel de littérature. Le mouvement était basé à Arles-Avignon. Cela donne un nouvel éclat à l’occitan. Un dialecte standard moderne a émergé de ses cendres.

Presque au même moment, Toulouse démarrait sa propre offensive. Focus : la normalisation. Orthographe. Ils voulaient une base littéraire plus large. Pratique. Structuré.

Les dialectes eux-mêmes n’ont pas beaucoup changé depuis le Moyen Âge. L’influence française est visible. Mais le noyau demeure. C’est peut-être pour cela qu’ils sont encore mutuellement intelligibles. Malgré les siècles. Malgré la suppression.

La carte des dialectes

Le paysage occitan est varié.

  • Limousin : Coin nord-ouest.
  • Auvergnat : Centre-Nord.
  • Alpin-Provençal : Alpes du Nord-Est.
  • Languedoc : Côte méditerranéenne occidentale.
  • Provençal : Côte méditerranéenne orientale.

Et puis il y a le Gascon.

Sud-Ouest de la France. Classé par beaucoup comme dialecte occitan. Mais demandez à un sudiste provençal ou languedocien de comprendre le gascon. Ils pourraient avoir du mal. Il est plus proche du catalan que de ses cousins ​​du sud.

Certains chercheurs affirment que le gascon n’a jamais été véritablement occitan. Ils désignent la population aquitaine non celtique. Pré-romain. Non indo-européen. Les Basques.

Le nom Vasconia le trahit. Les racines sont profondes. Différent.

Alors, où cela nous mène-t-il ?

La langue est en danger. Mais ce n’est pas mort. C’est parlé. C’est écrit. On s’en souvient.

La question n’est pas de savoir si elle survivra. La question est de savoir qui va définir son avenir. Français? Ou les gens qui chuchotent encore oc dans leur cuisine ?

Vous pouvez le trouver dans les vallées. Dans les livres. Dans les chants de Mistral. C’est calme. Mais c’est assez fort.