Un nouveau médicament, Modeyso, prolonge la vie des patients atteints de gliome médian diffus (DMG), un cancer dévastateur au pronostic historiquement sombre. Pendant des décennies, les personnes diagnostiquées avec cette forme agressive de cancer du cerveau ont été condamnées à une peine de mort quasi certaine, avec souvent seulement neuf à douze mois à vivre. Cependant, les progrès récents – y compris l’approbation de Modeyso par la FDA – modifient cette trajectoire, offrant des mois, voire des années, de durée de vie prolongée avec une qualité améliorée.
Le défi du gliome diffus de la ligne médiane
Le DMG affecte principalement les enfants et les jeunes adultes, attaquant le thalamus, le tronc cérébral ou la moelle épinière. La localisation de ces tumeurs rend l’ablation chirurgicale trop risquée, ce qui laisse les options de traitement très limitées. Avec un taux de survie global d’à peine 1 %, la maladie a longtemps été considérée comme incurable.
Comment fonctionne Modeyso : une « lampe de poche biologique »
Le développement de Modeyso découle de décennies de recherche sur la manière dont le corps combat naturellement le cancer. Le développeur, le Dr Joshua Allen, a cherché à « embouteiller » la capacité du système immunitaire à reconnaître et à éliminer les cellules tumorales sans effets secondaires nocifs. Son équipe a conçu une fusion du gène TRAIL (qui déclenche la mort des cellules cancéreuses) avec le gène bioluminescent de la luciférase présent chez les lucioles.
Cette combinaison unique crée une « lampe de poche biologique », permettant aux scientifiques de suivre l’activité du gène TRAIL en temps réel. Lorsqu’une cellule cancéreuse active TRAIL, elle brille également, fournissant un signal visible de sa destruction. Cette innovation s’appuie sur une découverte clé : la mutation H3 K27M présente dans 70 à 90 % des cas de DMG. Cette mutation désactive un « interrupteur » critique pour les gènes, alimentant ainsi une croissance tumorale incontrôlée. Modeyso inverse ce mécanisme.
Impact sur le monde réel : prolonger la durée de vie et la qualité de vie
Le médicament ne guérit pas, mais il fait gagner un temps précieux aux patients. Jace Ward, diagnostiqué en 2019, a vécu 17 mois de plus que prévu, ce qui lui a permis de vivre des étapes importantes comme faire du sport, célébrer Noël et rencontrer son neveu. Ben Stein-Lobovits prend Modeyso depuis sept ans, avec une réduction de 70 % de la taille de la tumeur.
Pour Ethan White, un étudiant de 20 ans, le médicament a constitué une fenêtre critique après la radiothérapie. Il a pu obtenir son diplôme avec distinction de l’Université du Michigan en décembre 2025. Sa mère, Michelle Sherman, souligne que l’accessibilité de Modeyso était « un élément majeur de son maintien en vie ».
Un tournant dans la lutte contre le cancer
Modeyso représente « le premier changement dans la norme de soins depuis plus de 60 ans », selon Lisa Ward, cofondatrice de la Fondation Tough2gether. Les effets secondaires minimes du médicament lui permettent d’être combiné avec d’autres traitements, maximisant ainsi son efficacité.
Plus de temps se traduit par plus de souvenirs, de jalons et la possibilité d’assister à de futures percées. À mesure que la recherche progresse, Modeyso constitue une bouée de sauvetage vitale, offrant aux patients atteints de DMG une chance de vivre une vie plus longue et plus épanouissante.




















